dimanche 15 novembre 2015

Paris, 13 novembre 2015

Beaucoup d'émotions depuis cette tragique nuit parisienne, peu de mots. Je fais donc le choix de laisser la parole au poète Henri Michaux. 
Nous aurons besoin de nos plus solides remparts face à  la haine aveugle: 
l'humanité, la solidarité, le courage.






Le coup de pompe

  Tout à coup, dans la nuit, comme un brusque coup de pompe dans la poitrine, au coeur, mais ce n'est pas le coup de pompe qui donne, c'est celui qui retire, qui retire, vous laissant au bord de l'évanouissement, au bord de l'horreur sans sujet, au bord du "plus rien".
  Les genoux en un instant, en un dixième d'instant se sont mis à trembler, comme sous une fièvre de quarante-trois degrés et demi.
  Mais pas de fièvre (on la souhaiterait plutôt, sorte de compagnie) pas de fièvre. Rien. Et "rien" est pour faire place à l'évènement terrible qui vient, je l'attends, qui appelle dans le silence, qui ne va pas reculer indéfiniment...

Henri Michaux, La Vie dans les plis, 1949

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