samedi 15 février 2014

La Métropole du Grand Paris: un monstre en construction

On exagère à peine: comme Godzilla, le Grand Paris s'apprête à piétiner la démocratie locale...


Pensé sous le précédent gouvernement de Nicolas Sarkozy, le projet de Métropole du Grand Paris (M.G.P.) a fini par être mis au point et voté par l'actuelle majorité dans une continuité qui n’a rien d’étonnant. 


  Publié au journal officiel du 29 janvier 2014, il est défini par la loi du 27 janvier 2014 dite de « modernisation » de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles ». Son entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2016.

Ce monstre  technocratique va prendre la forme d'un énorme établissement public de coopération intercommunal regroupant la commune de Paris et les 124 communes des départements de la petite couronne. Il exercera la quasi totalité de leurs compétences à leur place et disposera des recettes fiscales et des dotations correspondantes, sans contrôle démocratique direct !

C'est en effet un conseil de métropole, lui-même issu de conseillers de territoires, issus de délégués des conseils municipaux, qui dirigera l'établissement et, de fait, les collectivités concernées. Le personnel des communes sera pour l'essentiel transféré à la Métropole, qui aura barre sur 6,5 millions d'habitants.

Exit la démocratie locale de proximité, le principe républicain de libre administration des collectivités par un conseil directement élu par le peuple ! Croire que les dispositifs sociaux existants, ici dans une commune, là dans un département, pourront pallier le désengagement de l'État à l'égard des plus modestes est pure naïveté.

Ce serait oublier que l'objectif de cette recentralisation est double :

1. Économiser de toutes parts les dépenses des collectivités locales, dans la logique de la politique d'austérité actuelle.

2. Mettre les métropoles régionales (Paris, Lyon, Marseille,…) en situation de « concurrence » avec les autres métropoles mondiales (Londres, Berlin, Madrid, New York, Shangaï » (dixit M. Bartolone, président de l'Assemblée nationale, in Le Monde, 18 janvier 2014), dans une logique de concurrence avec le reste du monde– Chine, Japon, Inde et États-Unis.

Cette fuite en avant est redoutable. Il est donc essentiel de faire entendre votre voix pour les dernières élections municipales se déroulant encore pour un an sous l'ancien régime démocratique, de refuser ce dispositif tentaculaire et non démocratique en votant pour une liste comme la nôtre, activement favorable à la démocratie de proximité.

Nous nous engageons à défendre la démocratie locale exprimée par un conseil municipal directement élu par les citoyens d'une commune, disposant des moyens de gérer humainement et écologiquement son territoire.



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