samedi 15 février 2014

A Charenton-Ecoles, des tickets pour le chômage

En rade de carte bleue, le piéton de Charenton a voulu payer par chèque un carnet de tickets de métro au guichet de la station Charenton-Ecoles. Raté : on n’y vend plus des billets, on y donne des conseils. Une brève conversation avec le jeune guichetier s’avère instructive : « Bientôt on ne pourra plus acheter de tickets qu’aux distributeurs. C'est en cours de généralisation dans toutes les stations. On n’est là que pour donner des infos et s’occuper du service après-vente… ». Sans liquide et sans CB, difficile de se rendre au boulot, vu qu’il est très difficile de faire un chèque à une machine.


Mais je ne suis pas le seul à râler : « C’est sur nous que ça retombe ! On se fait enguirlander par les usagers parce que nous sommes en première ligne pour assumer les conséquences de cette décision de la RATP ». Désireux toutefois de trouver une solution, le guichetier prévenant propose de me laisser passer sans ticket. Il me suffira d’acheter un titre de transport à Opéra où il est encore possible de régler par chèque. En espérant ne croiser aucun contrôleur… Touristes un peu perdus, usagers sans CB, il ne vous reste plus qu’à marcher ou à frauder.

On est plus attristé qu’agacé : quand on restreint les prérogatives d’un salarié afin qu’il puisse se consacrer à des tâches plus « valorisantes », comme « le conseil au client et le service et après-vente », c’est en réalité pour faire disparaître purement et simplement l’emploi qu’il occupe. Il suffit de jeter tous les jours un coup d'oeil au guichetier-ère derrière sa vitre pour constater les conséquences humaines de cette stratégie: le désoeuvrement, l'ennui et souvent la déprime se lisent sur son visage.

Cette tactique consistant à vider un emploi de sa substance afin, à terme, de le supprimer est à l'oeuvre dans les entreprises privées. Elle l’est aussi à la RATP. Le rôle d’un maire n'est-il pas s’opposer à des choix qui détruisent des emplois et pénalisent ses administrés ? 

Rendons à César ce qui est César, le titre et le principe de cette rubrique sont inspirés des chroniques de Sud-Ouest, « Le piéton de Bordeaux » et « Le piéton de Bayonne »

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